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Jour 6 - À l’île aux marins

Ce matin, nous avons rendez-vous avec Eric, un des guides du musée de l’Arche de Saint-Pierre. Le rendez-vous est fixé à l’embarcadère du P’tit Gravier. C’est le ferry qui va nous emmener sur l’île aux marins.

10 minutes à peine de bateau pour atteindre cette île emblématique du paysage de la baie de Saint-Pierre.



Cette île a une place très particulière dans l’histoire de Saint-Pierre. Aujourd’hui il n’y a plus d’habitant permanent, mais à la fin du 19ème siècle, l’île aux marins a compté jusqu’à 600 habitants. On les appelle les pieds rouges. Les familles qui vivaient là étaient presque toutes des familles de pêcheurs : ils partaient tous les matins en doris pêcher la morue. À leur retour, toute la famille participait à la préparation du poisson qu’il fallait faire sécher au soleil sur les graves. Ce sont de vastes zones recouvertes de galets ramassés sur les plages et soigneusement entretenues. Elles sont réchauffées par le soleil et le poisson ouvert, vidé et étêté y était mis à sécher. Puis le poisson était salé et mis à l’abri dans les salines avant d’être vendu. On disait que la morue ainsi commercialisable était « loyale et marchande ».

Les élèves de CM1 de Mirabeau à Peymeinade nous ont envoyé cette question : nous aimerions savoir pourquoi l'île aux marins n'est plus habitée ? Avec l’arrivée des gros bateaux et de la pêche industrielle, l’activité des petits pêcheurs a décliné. L’île commença à perdre ses habitants. En 1963, l’école ferma faute d’écolier et enfin, le dernier habitant permanent quitta l’île en 1967. Il faut dire aussi que petit à petit, plus de confort arriva à Saint-Pierre : l’eau courante, l’électricité qui n’étaient pas présentes à l’île aux marins, ce qui poussa aussi les habitants à rejoindre la ville. Aujourd’hui, l’île et ses maisons sont entretenues par des associations et visitées par les touristes. C’est un endroit sans voiture entre l’océan et la ville de Saint-Pierre.


La salle de classe de l’école à l’île aux marins (restaurée et entretenue par une association)

Sur la côte Est de l’ile, on retrouve les traces d’une des nombreuses épaves de bateaux qui se sont échouées sur l’archipel : Le Transpacific. En mai 1971, gêné par une brume épaisse à l’entrée du port de Saint-Pierre, ce bateau s’échoua sur l’ile aux marins. Déclaré perdu, de nombreux habitants de l’archipel vidèrent ses cales des marchandises qu’il contenait et notamment de nombreux jukeboxes et tondeuses à gazon qui se retrouvèrent en ville !


L’après-midi, toujours avec notre guide Eric, nous parcourons les rues de Saint-Pierre pour découvrir l’architecture des maisons de la ville. Eric nous montre notamment les caractéristiques particulières des maisons. Construites les unes juste à côté des autres, collées au bord des rues, elles essayaient de laisser libre un espace de jardin protégé des vents pour créer un potager. De plus il était courant de construire, en empiétant sur le trottoir, un petit sas protégeant l’entrée de la maison : on l’appelle le tambour. Construite à l’origine entièrement en bois, de nombreuses maisons furent détruites par un grand incendie en 1867 avant d’être reconstruites en brique.


Maisons colorées de Saint-Pierre, la maison orange est dotée d’un tambour.

Merci à toute l’équipe du musée de l’Arche de nous avoir permis cette belle découverte, merci Éric, Lauriane et Éléa ! On vous avait promis le reportage télé sur nos interventions au collège, le voilà. https://la1ere.francetvinfo.fr/saintpierremiquelon/congres-des-sciences-aquatiques-premiers-ateliers-pour-sensibiliser-la-jeunesse-1431080.html

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1 Comment


Merci pour la réponse à notre question sur l'île aux marins.

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